Ronsard et La Fontaine

12 Sep

I hate to say it, but I think I’m actually enjoying my French literary analysis class. Our professor is great, albeit a bit eccentric. He’s just…French. And a writer. He’s also big on memorising poems, and so far I’ve memorised two (from the 16th and 17th centuries, although I also memorised the first stanza of François Villon’s La Ballade des Pendus, which dates from the mid-1400s). Anyway, for the sake of preserving these beautiful French poems in my memory, I’ll add them here from time to time for my reference.

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
“Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.”

Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain ;
Cueillez dès aujourd’hui les rose de la vie.

-Pierre de Ronsard

Le Loup et l’agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
“Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?”
Dit cet animal plein de rage :
“Tu seras châtié de ta témérité.”
– Sire, répond l’agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
“Tu la troubles”, reprit cette bête cruelle,
” Et je sais que de moi tu médis l’an passé.”
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’agneau ; je tette encor ma mère
“Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.”
– Je n’en ai point. “C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge.”
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l’emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

-Jean de La Fontaine

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